Retour d'un congé maternité: les obligations de l'employeur

Le retour de congé maternité est toujours vécu avec une certaine appréhension, souvent partagée par les deux parties au contrat de travail.

 

Ces appréhensions sont directement en lien avec le retour au poste de la salariée après plusieurs mois d'absence alors que l'organisation interne a pu évoluer.

 

La loi a mis en place un certain nombre de garanties afin d'organiser de manière la plus fluide et équitable le retour de la salariée à son poste.

Ces garanties se déclinent de 5 manières:

  1. La société doit réintégrer la salariée à son « précédent emploi ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente » (art. L. 1225-25 du code du travail). Certains employeurs peuvent avoir la tentation de ne pas respecter cette obligation, notamment lorsqu'un autre salarié a remplacé la salariée absente. Cette pratique est sanctionnée par la Cour de cassation: le poste précédemment occupé par la salariée et repris par une tierce personne doit lui être restitué (Cass. soc., 25 mai 2011, n° 09-72.556) ;
     

  2. La salariée doit être reçue pour une visite de reprise auprès de la médecine du travail (art. R. 4624-31 du code du travail) qui évaluera si la salariée est apte à reprendre son poste, éventuellement avec des aménagements spécifiques ;
     

  3. La société doit réévaluer la rémunération de la salariée afin qu'elle bénéficie d’une majoration de salaire égale aux augmentations générales ainsi qu’à la moyenne des augmentations individuelles perçues pendant la durée son ce congé par les salariés relevant de la même catégorie professionnelle ou, à défaut, de la moyenne des augmentations individuelles dans l’entreprise (art. L. 1225-26 du code du travail) ;
     

  4. La salariée doit être convoquée à un entretien professionnel consacré notamment aux perspectives d’évolution professionnelle, en termes de qualification et d’emploi (art. L. 6315-1 du code du travail). Plusieurs conventions collectives prévoient que cet entretien professionnel soit l'occupation d'évoquer d'autres points, par exemple en l'évolution de l'organisation de l'entreprise durant la période de congé maternité.
     

  5. La salariée peut demander durant 1 an à partir de la naissance à s'absenter 1 heure par jour pour l'allaiter durant les heures de travail (art. L. 1225-30 du code du travail).
     

Malgré ces garanties le retour d'une salariée suite à un congé maternité s'accompagne régulièrement de tensions.

 

Il est recommandé en cas de difficulté de faire appel à un avocat en droit du travail. Vous pouvez prendre un  rendez-vous en ligne sur ce lien.


Lire les commentaires (0)

Articles similaires


Soyez le premier à réagir

Ne sera pas publié

Envoyé !

Derniers articles

Liberté d'expression au travail : quand un licenciement pour insuffisance professionnelle échappe à la nullité

Liberté d'expression au travail : quand un licenciement pour insuffisance professionnelle échappe à la nullité

25 Fév 2026

Licenciement pour insuffisance professionnelle et liberté d'expression : la Cour de cassation précise quand la nullité peut être prononcée.

Liberté d'expression au travail : votre employeur peut-il vous licencier pour avoir dit ce que vous pensiez ?

Liberté d'expression au travail : votre employeur peut-il vous licencier pour avoir dit ce que vous pensiez ?

12 Fév 2026

Liberté d'expression au travail : ce que change le nouveau contrôle de proportionnalité pour les cadres sanctionnés (Cass. soc., 14 janv. 2026)

Enquête interne en entreprise : quels sont vos droits sur vos données personnelles ?

Enquête interne en entreprise : quels sont vos droits sur vos données personnelles ?

11 Fév 2026

Enquête interne et RGPD : le Conseil d'État confirme que le salarié conserve son droit d'accès et d'opposition à ses données personnelles.

Catégories

Création et référencement du site par Simplébo Simplébo

Connexion